D’un monde à l’autre

samedi 27 décembre 2014

D’un Monde à l’autre,

Un matin je me suis réveillé
Je ne pouvais pas me lever
Cette nuit, à mon insu
J’avais changé de statut.
Mon corps n’exécutait plus
Les ordres de mon cerveau
Mes membres refusaient d’obéir
Avis de naissance d’un autre avenir
Quelque chose s’était passé.
d’ évidence la providence avait frappé
Mais j’avais encore toute ma lucidité.
Je venais de grossir d’une unité
Le bataillon des handicapés.
J’étais entré dans la ronde
d’un autre Monde
Que je ne connaissais pas du tout
Où l’inconnu surgissait de partout
je ne l’avais jamais remarqué
Désormais J’allais en être un acteur impliqué
je ne soupçonnais pas encore ce qu’il allait m’apporter
moi qui pensait que le Monde était de nature univoque
La découverte de ce nouveau monde s’ imposait à ma pensée.
Différent, riche de contenu aux valeurs repensées.
J’y ai découvert l’extrême souffrance
Trop souvent confondu avec la déchéance
Nourrie par l’ignorance
Dans son habit d’indifférence.
Mais aussi la tolérance
La compréhension et la liberté
A la rencontre de la psyché
pleurant sa demande de reconnaissance

Des leçons de courage
Données à tout âge.
La foi de ceux qui croît au miracle
Et qui ne se donnent jamais en spectacle
J’ai vu d’émouvantes réconciliations
Mettre fin à d’interminables frictions
De L’amitié et de La fraternité,
De l’hostilité jusqu’à la brutalité
De la rancune
L’ excuse et le pardon sans amertume
Qui aide à retrouver la sérénité
Mais aussi la haine qui fait se scléroser.
Dans le monde de ces êtres qui vibrent
Jusqu’aux abysses de leurs fibres.
J’ai découvert des montagnes de talents artistiques enfouis
Qui ne demandaient qu’un peu de lumière pour émerger des inconscients ensevelis.
Au-delà de tout ce qui précède j’ai mesuré combien, si je n’étais pas encore convaincu, il était nécessaire de vivre une aventure in situ avant de prétendre arborer la vérité ou simplement d’en parler avec un minimum d’objectivité et autrement qu’en tenant des banalité de circonstance du genre : « je vous comprends » On peut jamais se mettre à la place d’un autre.
C’est d’abord par peur et ignorance que se forme le regard de l’indifférence qui conduisent à la stigmatisation des handicapés appréhendés à travers la représentation contingente d’une vision indésirable purement imaginaire.
C’est ainsi que j’ai découvert le Monde associatif constitué de bénévoles et de professionnels et travaillé avec les acteurs du monde social et médical qui constituent une famille unie et d’abord motivée par le souci de concourir a l’allègement de la misère humaine. J’ai ressenti le choix de ces professionnels comme une vocation qu’ils vivaient du fond du cœur à travers un engagement sincère et permanent.
J’ai appris dans le Monde des handicapés que la tolérance à la différence était la clé de voûte du bien vivre ensemble. Accepter l’altérité, c’est choisir un idéal qui donne du sens à la vie.

Yves Le Bars 01/12/2014


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